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ToggleLe levain du Royaume : l’amour comme révolution
Jésus nous offre un autre levain. Un levain qui ne gonfle pas l’ego, mais qui fait grandir le cœur. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jean 15:12).
C’est si simple… et si radical.
- Simple, parce que l’amour est à la portée de tous. Pas besoin d’être un saint, un génie ou un héros. Juste un cœur ouvert.
- Radical, parce que l’amour vrai dérange. Il bouscule nos calculs, nos peurs, nos petites zones de confort.
Quand quelqu’un vous méprise, vous rejette, ou vous juge selon les critères de la performance, que faites-vous ? Vous défendez-vous ? Vous prouvez-vous ? Ou choisissez-vous la « sortie par le haut » – cette réponse qui désarme par sa douceur, qui surprend par sa liberté ? « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23:34).
Vivre en enfant de Dieu, c’est comprendre que nous n’avons rien à prouver. Un enfant n’a pas besoin de démontrer qu’il est aimé. Il l’est, point. De même, nous sommes les bien-aimés du Père – pas parce que nous avons « réussi » quelque chose, mais parce que Son amour nous précède, nous enveloppe, nous porte.
Témoigner sans convaincre
Alors non, nous ne sommes pas là pour changer le monde par la force. Pas pour imposer nos idées, nos croyances, nos « vérités ». Le monde a assez de gens qui crient, qui divisent, qui opposent.
Notre mission, si nous l’acceptons, est bien plus modeste et bien plus puissante : Témoigner.
Témoigner par une vie qui, malgré ses failles (et nous en avons !), respire l’espérance. Témoigner que l’amour est plus fort que la haine, que la lumière perce les ténèbres, que la grâce guérit ce que la performance a brisé.
Le diable, lui, adore la division. Il se nourrit de nos rivalités, de nos comparaisons, de nos jugements. Mais nous ? Nous choisissons une autre voie. Celle qui dit : « Je ne suis pas parfait, mais je suis aimé. Je ne sais pas tout, mais je marche vers la Lumière. Je ne changerai pas le monde seul… mais je peux aimer celui qui est devant moi, aujourd’hui. »
En conclusion : la paix comme héritage
Alors oui, la mentalité de performance est là, tapie dans les recoins de nos sociétés et de nos cœurs. Mais elle n’a pas le dernier mot.
Le dernier mot, c’est l’amour. Le dernier geste, c’est la tendresse. La dernière question, c’est : « As-tu aimé et de quel amour as-tu aimé ? »
Et si nous commencions par là ? Pas par « Que dois-je accomplir ? », mais par « À qui puis-je offrir un peu de lumière aujourd’hui ? »
Car le Royaume de Dieu n’est pas une théorie, ni une performance. « Il est au milieu de vous. » (Luc 17:21). Dans un sourire, une larme essuyée, une main tendue.
Notre rôle, en tant que chrétiens, n’est pas de convertir par la force ou la persuasion, mais d’aimer et de témoigner avec humilité. « Allez, de toutes les nations faites des disciples » (Mt28:19) – mais comment ? Pas en imposant, mais en vivant le Christ, en laissant sa lumière briller à travers nos actes, nos paroles, et surtout notre amour.
Tertullien le soulignait déjà : les premiers chrétiens étaient reconnus parce qu’on disait d’eux, émerveillé : « Voyez comme ils s’aiment ! » Jésus lui-même nous l’a confié comme un trésor : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. À cela, on reconnaîtra que vous êtes mes disciples » (Jn 13, 34-35). Notre plus beau témoignage, c’est l’amour fraternel – cet amour qui surprend, qui console, qui attire sans un mot.
Prions, écoutons sa Parole, et laissons le Seigneur agir à travers nous. Car c’est Lui qui touche les cœurs, pas nos efforts. Vivons simplement du Christ, avec confiance : notre vie elle-même peut devenir une bonne nouvelle pour ceux qui nous entourent. Et si aujourd’hui, quelqu’un disait de nous : « Voyez comme ils s’aiment » ? Ce serait déjà un miracle… et le plus beau des témoignages.
Alors respirons. Nous sommes aimés. Nous sommes libres.
Dt30:19-20
« J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »
« Quand l’amour grandit en toi, la beauté fait de même. Car l’amour est la beauté de l’âme » Saint Augustin
Conclusion des trois levains :
Une invitation à la liberté intérieure
Serviteurs ou amis ? Le choix qui change tout
Un serviteur obéit par devoir. Un ami obéit par amour. Un serviteur craint l’échec. Un ami sait que l’échec est une étape. Un serviteur se demande sans cesse : « Est-ce que je fais assez ? » Un ami entend une voix qui lui dit : « Tu es assez. »
Jésus ne nous a pas choisis pour en faire des robots efficaces, mais des cœurs vivants, ouverts, de bonne volonté pour recevoir Son Amour. « Je ne vous appelle plus serviteurs, […] mais je vous ai appelés amis », nous dit-Il (Jean 15:15). Prenez un instant pour laisser ces mots résonner en vous. Amis*.* Pas des subordonnés, pas des numéros, pas des performeurs sous pression. Des amis. Des êtres chéris, connus dans leur intimité, invités à partager la confiance et la vulnérabilité.
Pourtant, combien de fois glissons-nous dans l’autre camp ? Combien de fois laissons-nous la mentalité de performance nous voler notre paix ? Nous voilà à courir après des validations, des likes, des promotions, des approbations… comme si notre valeur dépendait de ce que nous faisons, plutôt que de ce que nous sommes. Jésus nous met en garde : tant que nous fonctionnons ainsi, nous sommes comme du pain levé avec le « levain des pharisiens » – ce besoin maladif de paraître, de contrôler, de dominer. Ou pire : avec le « levain d’Hérode » – cette soif de pouvoir et de reconnaissance qui étouffe l’âme.
Le levain du Royaume, le remède pour guérir du levain des Pharisiens, des Sadducéen et d’Hérode : L’AMOUR
Alors Almitra dit, Parle-nous de l’Amour.
Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s’étendit sur eux. Et d’une voix forte il dit :
Quand l’amour vous fait signe, suivez le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il vous fait croître, il vous élague.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.
Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.
Toutes ces choses, l’amour l’accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cśur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cśur de la Vie.
Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour.
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l’amour vous moissonne,
Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.
L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.
Car l’amour suffit à l’amour.
Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, “Dieu est dans mon cœur”, mais plutôt, “Je suis dans le cœur de Dieu”.
Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l’amour car l’amour, s’il vous en trouve digne, dirige votre cours.
L’amour n’a d’autre désir que de s’accomplir.
Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu’ils soient ainsi :
Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur de trop de tendresse.
Etre blessé par votre propre compréhension de l’amour ;
Et en saigner volontiers et dans la joie.
Se réveiller à l’aube avec un cśur prêt à s’envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d’amour ;
Se reposer au milieu du jour et méditer sur l’extase de l’amour ;
Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;
Et alors s’endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
Khalil Gibran – Le Prophète

