Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. (Jn 13:34)

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Proposition d'une méditation approfondie pour la Semaine Sainte.
Jésus nous donne un seul commandement nouveau : L’amour !
Ce n’est pas une nouvelle loi, mais l’accomplissement de l’ancienne «loi mosaique» par Amour (Rm 13,8-10).
Comme l’écrivait Saint Augustin : « Le Christ n’a pas aboli la Loi, mais Il l’a remplie par l’amour. »

Proposition d’une "énumération des commandements nouveaux” qui ne sont qu’“un seul commandement”, articulés et approfondis par Jésus dans les Évangiles et les écrits du Nouveau Testament,

Classement par thème avec références bibliques en suivant l’idée transmise par Mathieu (Mt 5,17) : l’accomplissement (Rm 13,8-10) et l’esprit (Mt 22,37-40). Ils sont présentés comme des appels à une obéissance radicale, motivée par l’amour, en harmonie avec la tradition patristique et les saints.

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. (Jn 13:34)

Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. (Jn 13:34)

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Sommaire

A) Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres. (Jn 13:34a)

Proposition d’une méditation approfondie pour la Semaine Sainte.

Jn 13:34b …Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. 35 C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l’amour les uns pour les autres.»

Jésus nous donne un seul commandement nouveau : L’amour !
L’accomplissement de la loi par l’amour (Rm 13,8-10).
Comme l’écrivait Saint Augustin : « Le Christ n’a pas aboli la Loi, mais Il l’a remplie par l’amour. »

Je vous propose une “énumération des commandements nouveaux” qui ne sont qu’en réalité “un seul commandement”, articulés et approfondis par Jésus dans les Évangiles et les écrits du Nouveau Testament.

J’ai essayé de les classer par thème, accompagnés de leurs références bibliques. Ces “commandements” ne remplacent pas la Loi mosaïque (Mt 5,17), mais en révèlent l’accomplissement (Rm 13,8-10) et l’esprit (Mt 22,37-40). Ils sont présentés comme des appels à une obéissance radicale, motivée par l’amour, en harmonie avec la tradition patristique et les saints.

1. Commandements sur l’Amour (Cœur de l’Évangile)

A. L’amour fraternel (Nouveau Commandement)

Jn 13,34-35 : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À cela, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

// Parallèles :

  • 1 Jn 4,7-8 : « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. »

  • 1 Jn 4,19-21 : « Quant à nous, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier. 20 Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. 21 Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère. »

  • Rm 12,10 : « Soyez unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les autres. »

B. L’amour des ennemis

Mt 5,43-48 : « Vous avez entendu qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.’ Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père céleste, qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et qui fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »

// Parallèles :

  • Lc 6,27-36 : Version parallèle avec insistance sur la bénédiction et la non-résistance.
  • Rm 12,14 : « Bénissez ceux qui vous persécutent ; bénissez, et ne maudissez pas. »
  • 1 P 3,9 : « Ne rendez pas le mal pour le mal, ou l’injure pour l’injure ; mais au contraire, bénissez, car c’est à cela que vous avez été appelés, afin d’hériter de la bénédiction. »

C. L’amour du prochain (y compris l’ennemi)

Mt 22,37-39 (Citation de Deut 6,5 et Lv 19,18) : « Jésus lui répondit : ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. Voici le premier et le plus grand commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes.’ »

// Parallèles / Application concrète :

  • Lc 10,25-37 (Parabole du Bon Samaritain) : « Va, et fais de même. » (v. 37).
  • Ga 6,10 : « Faisons donc du bien à tous, et surtout aux frères en la foi. »
  • Jc 2,8 : « Si vous accomplissez la Loi royale, selon l’Écriture : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’, vous faites bien. »

2. Commandements sur la Prière et la Confiance en Dieu

A. La prière persévérante

Lc 11,5-8 (Parabole de l’ami importun) : « Et moi, je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson ? Ou encore, s’il demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ? Si donc, vous qui êtes méchants, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ! »

// Parallèles :

  • Mt 7,7-11 : Version parallèle.
  • 1 Th 5,17 : « Priez sans cesse. »
  • Jc 5,16 : « Confessez vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. »

B. La prière en secret

Mt 6,5-8 : « Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. Et quand vous priez, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. »

// Parallèles :

  • 1 Tm 2,8 : « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains pures, sans colère ni mauvaises pensées. »
  • Ph 4,6 : « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose, par la prière et la supplication, avec des actions de grâces, faites connaître vos demandes à Dieu. »

C. Le “Notre Père” comme modèle de prière

Mt 6,9-13 (Prière dominicale) : « Priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés, et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. »

// Parallèles :

  • Lc 11,2-4 : Version abrégée.
  • 1 Jn 5,14-15 : « Si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous exauce. »

3. Commandements sur la Humilité et le Service

A. Le service humble (Lavage des pieds)

Jn 13,12-17 : « Après leur avoir lavé les pieds, il leur dit : ‘Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l’exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. Je vous le dis en vérité, aucun esclave n’est plus grand que son maître, ni aucun messager plus grand que celui qui l’a envoyé. Si vous savez cela, vous êtes heureux si vous le faites. »

// Parallèles :

  • Mt 20,26-28 : « Ce n’est pas ainsi parmi vous ; mais quiconque voudra être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, et quiconque voudra être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. »
  • Mt 23,11 : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. »
  • 1 P 5,5 : « Revêtez-vous tous de l’humilité, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. »

B. Le renoncement et la croix

Mt 16,24-26 : « Jésus dit à ses disciples : ‘Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. »

// Parallèles :

  • Lc 9,23 : Version parallèle.
  • Ph 2,5-8 : « Ayez en vous les dispositions d’esprit qui étaient en Jésus-Christ : ayant la condition d’homme, il s’est anéanti lui-même, prenant la condition de serviteur. »
  • Col 3,5 : « Faites mourir ce qui, dans vos membres, est terre à terre : la prostitution, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie. »

C. La non-résistance au mal

Mt 5,38-42 : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil, dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi et prendre ta tunique, laisse-lui aussi ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. »

// Parallèles :

  • Rm 12,19-21 : « Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : ‘À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.’ Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car en faisant cela, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais vaincs le mal par le bien. »
  • 1 P 2,23 : « Il a laissé pour vous l’exemple, afin que vous suiviez ses traces. » (sur la souffrance endurée sans résistance).

4. Commandements sur la Pureté et la Chasteté

A. La pureté du cœur

Mt 5,27-28 : « Vous avez entendu qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère.’ Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme avec désir a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. »

// Parallèles :

  • 1 Th 4,3-5 : « Car telle est la volonté de Dieu, votre sanctification : que vous vous absteniez de la fornication ; que chacun de vous sache posséder son vase dans la sainteté et l’honneur, non dans la passion de la convoitise, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. »
  • 1 Co 6,18-20 : « Fuyez la fornication. Tout péché que l’homme commet est dehors au corps ; mais celui qui se livre à la fornication pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez de Dieu, et que vous n’êtes pas à vous-mêmes ? »

B. Le célibat pour le Royaume

Mt 19,10-12 : « Les disciples lui dirent : ‘Si telle est la condition de l’homme par rapport à sa femme, il n’est pas avantageux de se marier.’ Mais il leur dit : ‘Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Car il y a des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui ont été faits tels par les hommes, et il y a des eunuques qui se sont rendus tels eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne.’ »

// Parallèles :

  • 1 Co 7,7-9 : « Je souhaite que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun a son propre don de Dieu, les uns d’une manière, les autres d’une autre. Je dis aux célibataires et aux veuves : Il leur est bien de rester comme moi. »
  • 1 Co 7,32-35 : « Je veux que vous soyez sans soucis. Celui qui n’est pas marié pense aux choses du Seigneur, à la manière d’en plaire au Seigneur. »

C. La chasteté conjugale

1 Co 7,3-5 : « L’homme doit rendre à sa femme ce qu’il lui doit, et de même la femme à son mari. La femme n’a pas pouvoir sur son propre corps, mais c’est son mari ; de même, le mari n’a pas pouvoir sur son propre corps, mais c’est sa femme. Ne vous privez pas l’un l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vous adonner à la prière ; puis retrouvez-vous, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence. »

// Parallèles :

  • Hb 13,4 : « Que le mariage soit honoré de tous, et que le lit conjugal soit sans souillure ; car Dieu jugera les impudiques et les adultères. »

5. Commandements sur la Justice et la Miséricorde

A. La justice et la miséricorde

Mt 5,23-24 : « Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis viens présenter ton offrande. »

// Parallèles :

  • Mt 6,14-15 : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses. »
  • Col 3,13 : « Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous réciproquement, si l’un a quelque plainte contre l’autre. De même que le Seigneur vous a pardonné, pardonnez aussi. »

B. Le partage et la générosité

Lc 6,38 : « Donnez, et l’on vous donnera. On vous versera dans le sein une bonne mesure, serrée, secousue, qui déborde, car on vous mesurera la mesure dont vous aurez mesuré. »

// Parallèles :

  • 2 Co 8,9 : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, riche qu’il était, s’est fait pauvre pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. »
  • Ga 6,10 : « Faisons donc du bien à tous, et surtout aux frères en la foi. »

C. La défense des pauvres et des opprimés

Mt 25,35-40 : « Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; j’étais nu, et vous m’avez vêtu ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus à moi. […] En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »

// Parallèles :

  • Jc 1,27 : « La religion pure et sans souillure, devant Dieu le Père, est celle-ci : visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et se garder souillé par le monde. »
  • 1 Jn 3,17-18 : « Si quelqu’un a des biens de ce monde et voit son frère dans le besoin, mais lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu peut-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et en vérité. »

6. Commandements sur la Parole et la Vérité

A. La parole vraie et non mensongère

Jn 8,31-32 : « Jésus dit aux Juifs qui avaient cru en lui : ‘Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres.’ »

// Parallèles :

  • Ép 4,25 : « Cessons donc de mentir les uns aux autres, puisque nous avons dépouillé l’homme vieux avec ses œuvres. »
  • Col 3,9 : « Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés de l’homme vieux avec ses œuvres. »

B. La parole édifiante

Ép 4,29 : « Que la parole qui sort de votre bouche soit toujours pleine de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. »

// Parallèles :

  • 1 P 3,10 : « Car celui qui veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il garde sa langue du mal, et ses lèvres ne profèrent point de fraude. »
  • Jc 3,2-10 : Mise en garde contre le pouvoir destructeur de la langue.

C. Le silence et l’écoute

Mt 12,36-37 : « Je vous le dis, en vérité, au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. Car c’est par tes paroles que tu seras justifié, et c’est par tes paroles que tu seras condamné. »

// Parallèles :

  • 1 Co 14,26-28 : « Que tout se fasse avec décence et avec ordre. Si quelqu’un parle, que ce soit pour instruire. »
  • Pr 17,27-28 (Sagesse biblique) : « Celui qui retient ses paroles est homme de sens ; celui qui garde son esprit est un homme intelligent. Même un fou, quand il se tait, est considéré comme sage ; quand il ferme ses lèvres, il est tenu pour intelligent. »

7. Commandements sur la Paix et la Non-Violence

A. La paix intérieure

Mt 5,9 : « Heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu. »

// Parallèles :

  • Rm 12,18 : « Si possible, dans la mesure qui dépend de vous, vivez en paix avec tous. »
  • Hb 12,14 : « Efforcez-vous de vivre en paix avec tous, et de la sainteté, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. »

B. La réconciliation

Mt 18,15-17 : « Si ton frère a péché contre toi, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. Si c’est sans résultat, dis-le à l’Église ; et s’il méprise aussi l’Église, qu’il te soit comme un païen et un publicain. »

// Parallèles :

  • 2 Co 5,18-20 : « Tout est de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. »
  • 1 P 4,8 : « L’amour couvre une multitude de péchés. »

C. La non-violence

Rm 12,19-21 (voir plus haut) : « Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : ‘À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur.’ Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car en faisant cela, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais vaincs le mal par le bien. »

8. Commandements sur la Pauvreté et le Détachement

A. Le détachement des richesses

Lc 12,33-34 : « Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, où le voleur n’approche pas et où la mite ne détruit pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. »

// Parallèles :

  • Mt 6,19-21 : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, là où la rouille et les vers détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, là où ni la rouille ni les vers ne détruisent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. »
  • 1 Tm 6,6-10 : « La piété avec le contentement est source de grand profit ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est certain que nous n’en pouvons rien emporter. »

B. La confiance en la Providence

Mt 6,25-34 (Sermon sur la montagne) : « Je vous le dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie, de ce que vous mangerez ou boirez, ni pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? […] Mais cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »

// Parallèles :

  • Ph 4,19 : « Mon Dieu vous pourvoira à tous vos besoins selon ses richesses dans le Christ Jésus. »
  • Mt 10,29-31 : « Deux moineaux ne se vendent-ils pas pour un sou ? Et pourtant, pas un seul d’eux ne tombera à terre sans que votre Père ne l’ait permis. Quant à vous, les cheveux de votre tête sont tous comptés. »

9. Commandements sur la Joie et la Légèreté

A. La joie dans les épreuves

Mt 5,10-12 : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. Heureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

// Parallèles :

  • Jc 1,2-4 : « Comptez pour une pure joie, mes frères, quand vous êtes tombés dans diverses épreuves, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. »
  • 1 P 1,6-7 : « Dans cela, vous vous réjouissez, bien que maintenant, s’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or qui périt […] soit trouvée à votre louange, à la révélation de Jésus-Christ. »

B. La légèreté évangélique

Lc 10,7 : « Restez dans cette maison, mangeant et buvant de ce qu’ils ont, car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. »

// Parallèles :

  • Mt 11,30 : « Car mon joug est doux, et mon fardeau est léger. »
  • 2 Co 8,9 : « Jésus-Christ, riche qu’il était, s’est fait pauvre pour vous, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. »

10. Commandements sur l’Esprit et la Vie Spirituelle

A. La dépendance à l’Esprit Saint

Jn 15,4-5 : « Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, de même vous ne pouvez rien faire sans moi. Celui qui ne demeure pas en moi est jeté dehors comme le sarment, et il sèche ; puis on le ramasse, on le jette au feu, et il brûle. »

// Parallèles :

  • Ga 5,16-18 : « Marche par l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. […] Si vous êtes guidés par l’Esprit, vous n’êtes pas sous la loi. »
  • Rm 8,4 : « Ainsi, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. »

B. La vie en Christ

Ga 2,20 : « J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. »

// Parallèles :

  • Col 3,3 : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. »
  • 2 Co 5,17 : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. »

C. La prière dans l’Esprit

Ép 6,18 : « Priez en tout temps par l’Esprit, en toutes supplications et prières. Veillez à cela avec toute persévérance et supplications pour tous les saints. »

// Parallèles :

  • Rm 8,26-27 : « De même, l’Esprit aussi nous aide dans notre faiblesse ; car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander pour prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables ; et celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l’Esprit, parce que l’Esprit intercède pour les saints selon Dieu. »
  • Jude 1,20 : « Vous, bien-aimés, édifiez-vous vous-mêmes sur votre très sainte foi, en priant dans le Saint-Esprit. »

Synthèse des “Commandements Nouveaux” du Christ

Voici une liste résumée des commandements nouveaux ou approfondis par Jésus et les apôtres, classés par thème :

Thème Commandement Références bibliques
Amour fraternel Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés. Jn 13,34-35 ; 1 Jn 4,7-21 ; Rm 12,10
Amour des ennemis Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent. Mt 5,43-48 ; Lc 6,27-36 ; Rm 12,14 ; 1 P 3,9
Humilité Soyez humbles, servez les autres comme Je vous ai servis. Mt 20,26-28 ; Ph 2,5-8 ; 1 P 5,5
Renoncement Renoncez à vous-mêmes, prenez votre croix et suivez-Moi. Mt 16,24-26 ; Lc 9,23 ; Ph 2,5-8
Non-violence Ne résistez pas au méchant ; ne rendez pas le mal pour le mal. Mt 5,38-42 ; Rm 12,19-21 ; 1 P 2,23
Pureté Ne regardez pas une femme avec désir ; fuyez la fornication. Mt 5,27-28 ; 1 Th 4,3-5 ; 1 Co 6,18-20
Chasteté Que chacun possède son vase dans la sainteté et l’honneur. 1 Th 4,3-5 ; 1 Co 7,1-9 ; Hb 13,4
Justice et miséricorde Pardonnez comme le Père vous a pardonné ; visitez les orphelins et les veuves. Mt 6,14-15 ; Jc 1,27 ; 1 Jn 3,17-18
Pauvreté Vendez tout, donnez aux pauvres, et suivez-Moi. Lc 12,33-34 ; Mt 6,19-21 ; 1 Tm 6,6-10
Prière Prayez sans cesse ; demandez, cherchez, frappez. Lc 11,5-8 ; 1 Th 5,17 ; Ph 4,6
Vérité Ne mentez pas ; que votre parole soit toujours pleine de grâce. Ép 4,25 ; Col 3,9 ; Jc 3,2-10
Paix Soyez pacifiques ; cherchez la réconciliation. Mt 5,9 ; Rm 12,18 ; Hb 12,14
Joie Réjouissez-vous dans les épreuves ; votre récompense est dans les cieux. Mt 5,10-12 ; Jc 1,2-4 ; 1 P 1,6-7
Esprit Saint Demeurez en Moi ; marchez par l’Esprit. Jn 15,4-5 ; Ga 5,16-18 ; Rm 8,4

 

Conclusion : Une Nouvelle Obsession ? Une “spiritualisation” de tout ?

Ces commandements ne sont pas une nouvelle loi, mais l’accomplissement de l’ancienne par l’amour (Rm 13,8-10). Comme l’écrivait Saint Augustin : « Le Christ n’a pas aboli la Loi, mais Il l’a remplie par l’amour. » Les saints, de tous les siècles, en ont fait l’expérience, ils ont “spiritualisés” leur quotidien en mettant en application concrét :

  • Saint François d’Assise a vécu la pauvreté évangélique (Lc 12,33).
  • Thérèse de Lisieux a pratiqué l’amour des ennemis (Mt 5,44) dans sa vie quotidienne.
  • Mère Teresa a servi les pauvres comme le Christ (Mt 25,35-40). Leur secret ? Comme le disait Charles de Foucauld : « Le commandement nouveau n’est pas une charge, mais une grâce. Plus on l’aime, plus on le garde facilement. »

Pour une application concrète aujourd’hui

  1. Commencez par l’amour : « Aimez-vous les uns les autres » (Jn 13,34) est le fondement.
  2. Pardonnez sans compter : « Pardonnez comme le Père vous a pardonné » (Mt 6,14).
  3. Servez avec humilité : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » (Mt 23,11).
  4. Détachez-vous des richesses : « Votre trésor est là où est votre cœur » (Mt 6,21).
  5. Priez sans cesse : « Demandez, et l’on vous donnera » (Lc 11,9). Comme le résumait Saint Jean Climacus : « Les commandements du Christ ne sont pas des montagnes infranchissables, mais des chemins de lumière. Marchez-y avec amour, et vous verrez que Dieu vous porte. »

B) L’Église primitive et les commandements nouveaux

« Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14:15)

  • Jésus donne-t-il un nouveau code, des commandements supplémentaires ou accomplit-il la promesse ?

Dans la tradition des Pères du Désert et de la spiritualité priscillianiste (ou plus largement de l’ascétisme chrétien primitif), la phrase « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14,15) est rarement interprétée comme une énumération de “commandements nouveaux” au sens juridique ou légaliste. Cependant, elle est comprise comme une invitation à une obéissance radicale et transformante, qui dépasse les préceptes mosaïques pour embrasser une éthique du cœur centrée sur l’amour du Christ. Voici comment cette idée est développée dans la tradition ascétique, avec des nuances selon les auteurs :

1. Pas de “nouvelle loi” au sens juridique

  • Les Pères du Désert rejettent l’idée d’un code de commandements supplémentaires (contrairement à certaines lectures médiévales ou réformées). Pour eux, Jésus ne donne pas une liste de règles nouvelles, mais approfondit l’esprit de la Loi (Mt 5,17-48).
  • Abba Dorothée (VIᵉ s.) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des fardeaux, mais des chemins qui mènent à la liberté. » (Apophtegmes, II, 8).

→ L’accent est mis sur la transformation intérieure plutôt que sur l’observance formelle.

2. Les “commandements” de Jésus : une éthique de l’amour et de l’humilité

Les Pères identifient les “commandements” de Jésus à travers des principes évangéliques clés, souvent résumés ainsi :

L’amour du prochain (Jn 13,34-35) :

  • Abba Poemen : « Le plus grand des commandements, c’est d’aimer comme le Christ nous a aimés. » (Apophtegmes, I, 19).
  • Évagre le Pontique : « Aimer son ennemi, c’est garder le commandement nouveau. » (Kephalaia Gnostica, IV, 12).

Le détachement des biens (Lc 12,33) :

  • Abba Sisoès : « Renoncer à tout pour suivre le Christ, c’est garder ses commandements. » (Apophtegmes, I, 20).

La non-violence et la patience (Mt 5,39) :

  • Abba Antoine : « Ne pas rendre le mal pour le mal, c’est observer le commandement de l’amour. » (Vie d’Abba Antoine, 7).

La prière et la vigilance (Lc 21,36) :

  • Abba Isaïe : « Veiller sans cesse, c’est garder le commandement de l’Esprit. » (Apophtegmes, I, 17).
  •  

L’humilité (Mt 18,4) :

  • Abba Macaire : « Devenir comme un petit enfant, c’est le plus grand des commandements. » (Apophtegmes, I, 21).

→ Ces “commandements” ne sont pas des règles additionnelles, mais la concrétisation de l’amour (cf. Rm 13,8-10).

3. La distinction avec la Loi mosaïque

  • Les Pères soulignent que les commandements de Jésus ne remplacent pas la Loi, mais la portent à son accomplissement (cf. Mt 5,17).
  • Saint Basile le Grand (proche de l’esprit des Pères du Désert) : « La Loi montre le chemin, mais l’Évangile donne la force de le parcourir. »
  • Abba Pélagie : « Les commandements de Moïse sont comme des murs qui protègent ; ceux du Christ sont comme des ailes qui élèvent. » (Apophtegmes, I, 22).

→ La charité (agapè) devient le critère ultime de l’obéissance.

4. Une obéissance “cachée” : l’ascèse comme garde des commandements

Pour les Pères du Désert, “garder les commandements” signifie avant tout :

Lutter contre les passions (cf. Évagre et les huit pensées mauvaises) :

  • Abba Dorothée : « Le démon ne peut rien contre celui qui garde les commandements de l’amour. » (Apophtegmes, II, 9). • Pratiquer la miséricorde :

  • Abba Isaïe : « Pardonner à son frère, c’est garder le commandement de Jésus. » (Apophtegmes, I, 18). • Vivre dans la simplicité :

  • Abba Antoine : « Posséder peu et donner beaucoup, c’est observer le commandement de l’Évangile. » (Vie d’Abba Antoine, 6).

→ L’obéissance n’est pas une observance extérieure, mais une transformation du cœur (cf. Rm 2,29).

5. Le lien avec la Trinité et le Paraclet

Abba Sisoès : « Celui qui garde les commandements de Jésus reçoit l’Esprit Saint, qui lui montre le Père. » (Apophtegmes, I, 23).

→ Les Pères voient un lien étroit entre :

  1. L’amour du Christ (Jn 14,15),
  2. La garde de ses commandements (obéissance intérieure),
  3. La réception du Paraclet (Jn 14,16-17).

→ C’est une spirale : plus on aime, plus on obéit ; plus on obéit, plus on est transformé par l’Esprit.

6. Exemples concrets dans les Apophtegmes

Un frère demande à Abba Poemen : « Comment garder les commandements de Jésus ? »

  • Réponse : « En aimant ton frère comme toi-même, et en méprisant les choses de ce monde. » (Apophtegmes, I, 20).

Un autre demande à Abba Dorothée : « Qu’est-ce que le commandement nouveau ? »

  • Réponse : « C’est d’aimer ton ennemi et de prier pour ceux qui te persécutent. » (Apophtegmes, II, 11).

7. Comparaison avec d’autres traditions

  • Priscillianisme (mouvement ascétique du IVᵉ s.) : Priscillien et ses disciples insistaient sur une obéissance stricte aux préceptes évangéliques (comme le célibat ou le jeûne), mais sans créer de “nouvelle loi”. Pour eux, c’était une purification de la foi.
  • Pélagienisme (condamné) : Certains pélagiens ont pu interpréter les “commandements” de Jésus comme des exigences humaines possibles, mais les Pères du Désert rejettent cette vision sans grâce.
  • Augustin (proche des Pères du Désert) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des fardeaux, mais des chemins qui mènent à la liberté. » (Sermon 156).

Conclusion : une obéissance d’amour, non de loi

Pour les Pères du Désert, « garder les commandements de Jésus » ne signifie pas :

  1. Ajouter des règles à la Loi mosaïque,
  2. Pratiquer une ascèse légaliste,
  3. Chercher une perfection humaine. Mais plutôt :
  4. Vivre dans l’amour du Christ (Jn 13,34),
  5. Lutter contre les passions par l’Esprit (Gal 5,22-23),
  6. Devenir conforme à l’image du Christ (Rm 8,29).

Citation résumant leur pensée

« Le commandement nouveau n’est pas une charge, mais une lumière. Celui qui l’observe marche dans la joie, car il est aimé du Christ. »Abba Isaïe (Apophtegmes, I, 19).

Application pratique selon les Pères

  1. Aimer son prochain (même l’ennemi) comme soi-même.
  2. Détester le péché (non par pharisaïsme, mais par amour de la pureté du cœur).
  3. Vivre dans la simplicité (sans attachement aux biens).
  4. Prendre son croix quotidiennement (renoncement, jeûne, prière). Ainsi, pour eux, « garder les commandements » est synonyme de sanctification : c’est laisser le Christ transformer notre vie par l’Esprit Saint.

 


 

C) Comparaisons de la spiritualité des Pères du Désert et d’autres traditions chrétiennes anciennes

Voici une petite comparaisons entre la spiritualité des Pères du Désert et d’autres traditions chrétiennes anciennes, en mettant l’accent sur des saints reconnus par l’Église et en évitant toute référence à des doctrines condamnées par l’Église primitive (comme le pélagianisme, manichéisme, gnosticisme, etc.). Nous nous concentrerons sur trois courants majeurs : l’ascétisme syrien, la tradition cappadocienne et la spiritualité monastique occidentale primitive, avec des exemples concrets tirés des écrits des saints.

1. Comparaison avec l’ascétisme syrien : les Dits des Pères syriaques

Les moines syriaques (comme Saint Éphrem le Syrien ou Saint Isaac de Ninive) partagent avec les Pères du Désert une vision expérientielle et pratique des commandements de Jésus, mais avec des accents différents sur la contemplation et la mystique du cœur.

Points communs :

L’amour comme accomplissement de la Loi :

  • Saint Éphrem écrit dans ses Hymnes : « Le commandement nouveau est l’amour, qui unit les cœurs comme les cordes d’un luth. Sans lui, les commandements sont comme des lettres sans sens. »

→ Comme les Pères du Désert, il voit les commandements comme une expression de l’amour, et non comme une liste de devoirs.

La lutte contre les passions comme garde des commandements :

  • Saint Isaac de Ninive (VIIᵉ s.) : « Celui qui garde les commandements de Jésus combat les passions avec l’arme de l’amour. La colère est vaincue par la douceur, l’avarice par la générosité. » (Ascétique, Livre I, 10).

→ Cela rejoint Abba Dorothée (Apophtegmes, II, 9) : « Le démon fuit devant l’amour du prochain. »

L’obéissance comme écoute du Christ intérieur :

  • Les Dits des Pères syriaques rapportent : « Un moine demanda à Abba Aphraate : ‘Comment garder les commandements sans les écrire ?’ Il répondit : ‘En les gravant dans ton cœur par la prière, comme Moïse sur les tables de pierre.’ »

→ Similaire à Abba Poemen (Apophtegmes, I, 20) : « Les commandements doivent être dans le cœur, pas seulement sur les lèvres. »

Différences nuancées :

Accent sur la contemplation :

Les Syriens insistent davantage sur la vision de Dieu comme couronnement de l’obéissance (ex. : Saint Isaac parle de « l’homme spirituel » qui voit Dieu dans les commandements).

  • Exemple : « Le commandement ‘Tu aimeras ton prochain’ est une échelle pour monter vers Dieu. » (Saint Éphrem).
  • Chez les Pères du Désert, l’accent est plus sur l’action ascétique (jeûne, travail) comme moyen de purifier le cœur pour recevoir cette vision.
Symbolisme du désert vs. symbolisme de la lumière :
  • Les Pères égyptiens utilisent souvent des métaphores de combat (désert = champ de bataille spirituelle).
  • Les Syriens utilisent des images lumineuses (ex. : « Les commandements sont des étoiles qui guident l’âme vers le Christ »).

2. Comparaison avec la tradition cappadocienne : Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze

Les Pères cappadociens (IVᵉ s.) développent une théologie de la transformation par les commandements, en lien avec la Trinité et la déification (théosis). Leur approche est plus dogmatique et systématique, mais complémentaire de celle des Pères du Désert.

Points communs :

→ Les commandements comme chemin de déification :

Saint Grégoire de Nysse (Sur la perfection) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des bornes, mais des étapes vers la ressemblance avec Dieu. L’amour est le sommet de cette ascèse. »

→ Cela rejoint Abba Sisoès (Apophtegmes, I, 23) : « Garder les commandements, c’est devenir fils de Dieu. »

→ L’obéissance comme union à la volonté divine :

Saint Basile le Grand (Sur les commandements) : « Obéir à Jésus, c’est participer à sa divinité, car ‘celui qui dit ‘Je l’aime’ et ne garde pas ses commandements est menteur’ (1 Jn 4,20). »

→ Les Pères du Désert expriment la même idée de manière plus concrète :

Abba Poemen : « Si tu aimes le Christ, tu feras sa volonté sans hésiter. » (Apophtegmes, I, 19).

→ Le rôle de l’Esprit Saint dans l’obéissance :

Saint Grégoire de Nazianze (Orations) : « L’Esprit Saint est donné à ceux qui gardent les commandements, car ‘il vous guidera dans toute la vérité’ (Jn 16,13). »

→ Cela correspond à Abba Dorothée (Apophtegmes, II, 12) : « L’Esprit Saint enseigne au cœur comment garder les commandements. »

Différences :

Approche plus théologique : Les Cappadociens développent une réflexion sur la Trinité et la nature de l’homme (ex. : Grégoire de Nysse sur la kenose et la plérôme).

  • Exemple : « Les commandements sont comme des miroirs qui reflètent la gloire de Dieu en nous. » (Grégoire de Nysse).
  • Les Pères du Désert, eux, restent pratiques : ils parlent peu de théologie, mais beaucoup de concrétudes (ex. : « Comment aimer son ennemi ? En priant pour lui »).

Moins d’insistance sur l’ascèse corporelle : Les Cappadociens mettent davantage l’accent sur l’ascèse de l’âme (ex. : Grégoire de Nysse sur la purgation des passions).

  • Exemple : « Le jeûne sans amour est une ombre ; l’amour sans jeûne est un corps sans âme. » (Basile).
  • Les Pères du Désert, eux, associent toujours ascèse corporelle et amour (ex. : Abba Antoine : « Le jeûne sans miséricorde est inutile. »).

3. Comparaison avec la spiritualité monastique occidentale primitive : Saint Benoît et Cassien

Les moines occidentaux (comme Saint Jean Cassien ou Saint Benoît de Nursie) reprennent les idées des Pères du Désert, mais les structurent dans une règle monastique, avec une approche plus communautaire et équilibrée entre prière, travail et obéissance.

Points communs :

L’obéissance comme garde des commandements :
  • Saint Cassien (Les Institutions cénobitiques) : « Obéir au père spirituel, c’est garder le commandement du Christ, car ‘celui qui écoute ma parole et la met en pratique’ (Lc 11,28) est obéissant. »
    → Cela rejoint Abba Poemen (Apophtegmes, I, 21) : « Obéir à son supérieur, c’est obéir à Dieu. »
L’amour fraternel comme cœur des commandements :
  • Saint Benoît (Règle, Ch. 72) : « L’amour de Dieu et du prochain doit être le principe de toute vie monastique. Sans lui, les commandements sont des lettres mortes. »
    Abba Isaïe dit la même chose : « Si tu n’aimes pas ton frère, tu ne peux pas aimer Dieu. » (Apophtegmes, I, 18).
La lutte contre les passions comme garde des commandements :
  • Cassien (Les Conférences) : « Les huit vices capitaux (orgueil, avarice, etc.) sont les ennemis des commandements de Jésus. Les vaincre, c’est les garder. »

Évagre le Pontique (influencé par les Pères du Désert) développe cette idée dans ses Kephalaia Gnostica.

Différences :

Approche plus institutionnelle : Les moines occidentaux intègrent les commandements dans une structure communautaire (ex. : la Règle de Saint Benoît organise la journée, la prière, le travail).

  • Exemple : « Le travail des mains est une garde des commandements, car il éloigne l’oisiveté (mère de tous les vices). » (Benoît, Ch. 48).
  • Les Pères du Désert, eux, vivent souvent en solitude et insistent sur l’expérience individuelle (ex. : Abba Antoine : « Va, vend tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et viens me suivre. »).

Moins d’insistance sur la radicalité évangélique : Saint Benoît tempère parfois la radicalité des Pères du Désert (ex. : il accepte la propriété commune, contrairement à certains moines égyptiens).

  • Exemple : « Le moine doit posséder peu, mais pas rien. » (Benoît, Ch. 33).
  • Abba Poemen au contraire : « Celui qui possède quelque chose ne peut pas entrer dans le Royaume des Cieux. » (Apophtegmes, I, 22).

4. Exemples concrets de saints illustrant ces comparaisons

Tradition Saint Citation ou exemple Lien avec les Pères du Désert
Ascétisme syrien Saint Éphrem « Le commandement ‘Ne pas tuer’ signifie aussi ne pas haïr dans son cœur. » Abba Dorothée : « La haine est un meurtre invisible. » (Apophtegmes, II, 10).
Cappadociens Grégoire de Nysse « La chasteté est un commandement qui élève l’âme vers Dieu. » Abba Macaire : « La pureté du cœur est le trône de Dieu. » (Apophtegmes, I, 24).
Monachisme occidental Cassien « Le silence est une garde des commandements, car il préserve le cœur des paroles vaines. » Abba Poemen : « Parle peu, et tes péchés diminueront. » (Apophtegmes, I, 17).
Monachisme bénédictin Benoît de Nursie « L’hospitalité est un commandement qui doit être pratiqué sans hésitation. » Abba Isaïe : « Accueillir un pauvre, c’est accueillir le Christ. » (Apophtegmes, I, 19).

 

5. Synthèse des convergences

Malgré leurs différences, toutes ces traditions s’accordent sur :

1. Les commandements de Jésus comme expression de l’amour :

  • Pour tous, « garder les commandements » signifie vivre dans l’amour du Christ (Jn 13,34), et non observer une liste de règles.

2. La lutte contre les passions comme garde des commandements :

  • Évagre (Pères du Désert) et Cassien (Occident) voient les passions comme les ennemies des commandements.

3. L’obéissance comme union à Dieu :

  • Abba Poemen (Désert) et Benoît (Occident) insistent sur l’obéissance comme chemin vers Dieu.

4. Le rôle de l’Esprit Saint :

  • Tous soulignent que seul l’Esprit permet de garder les commandements (cf. Grégoire de Nazianze et Abba Dorothée).

6. Exemple d’un saint “pont” entre ces traditions : Saint Jean Climacus

Saint Jean Climacus (ou St Jean Climaque en France, également connu sous le nom de Jean le Sinaïtique, un moine syrien des VIe et VIIe siècles, né vers 579, mort au mont Sinaï vers 649), auteur de L’Échelle du Paradis, synthétise ces approches :

  • Il reprend l’ascétisme des Pères du Désert (ex. : « Le premier degré de l’ascèse est le renoncement aux biens »).

  • Il intègre la théologie cappadocienne (ex. : « Les commandements sont des étapes vers la déification »).

  • Il adapte ces idées à une vie monastique structurée (comme Benoît). Citation clé : « Le commandement ‘Aime ton prochain’ est le sommet de l’échelle, car il unit l’homme à Dieu. »

    → Cela résume la pensée des Pères du Désert, des Syriens et des Cappadociens.

Conclusion : une harmonie dans la diversité

Les différentes traditions chrétiennes anciennes ne s’opposent pas sur l’interprétation de « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements ». Elles offrent plutôt :

  • Une approche égyptienne : expérientielle et ascétique (Pères du Désert).
  • Une approche syrienne : contemplative et mystique (Éphrem, Isaac de Ninive).
  • Une approche cappadocienne : théologique et trinitaire (Basile, Grégoire de Nysse).
  • Une approche occidentale : communautaire et équilibrée (Cassien, Benoît).

Toutes convergent vers une même vérité : « Garder les commandements de Jésus, c’est aimer comme Il nous a aimés, et laisser l’Esprit Saint transformer notre cœur. »

Pour aller plus loin : un exemple pratique

Comment un moine du Désert et un moine bénédictin garderaient-ils le commandement « Ne pas tuer » ?

Moine du Désert (Abba Dorothée) : *« Ne pas tuer signifie :

  1. Ne pas haïr dans son cœur (Mt 5,22).
  2. Éviter les colères (Pr 15,18).
  3. Pratiquer la douceur (Col 3,12). Exemple : Si un frère me provoque, je répondrai par le silence ou une parole douce. »

Moine bénédictin (Saint Benoît) : « Ne pas tuer signifie :

  1. Respecter la vie dans la communauté (ex. : ne pas médire).
  2. Travailler à la paix (Benoît, Ch. 72).
  3. Accueillir les conflits avec humilité. Exemple : Si un frère me contredit, je prierai pour lui et chercherai à comprendre. »

Même commandement, mêmes racines, différentes expressions selon les charismes. Cette comparaison montre que, malgré des accents différents, l’Église primitive avait une vision unifiée : « Les commandements de Jésus ne sont pas des fardeaux, mais des chemins d’amour vers Dieu. » (Saint Jean Climac)


D) Dans la patristique tardif et médiévale jusuqu’au saints et mystiques d’aujourd’hui ?

Voici une synthèse des enseignements patristiques et des saints jusqu’à aujourd’hui sur « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements » (Jn 14,15), en mettant l’accent sur l’unité de la tradition chrétienne (Orient/Occident) et en évitant les divergences doctrinales. Nous explorerons :

  1. La patristique tardive et médiévale (Vᵉ–XIIᵉ siècles),
  2. La Renaissance et la Réforme (XVIᵉ siècle),
  3. Les saints modernes et contemporains (XIXᵉ–XXIᵉ siècles),
  4. Les Pères de l’Église orientale et leurs héritiers (jusqu’à aujourd’hui),
  5. Les grands mystiques (Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, etc.).

1. Patristique tardive et médiévale (Vᵉ–XIIᵉ siècles)

A. Les Pères grecs et latins postérieurs

Saint Maxime le Confesseur (VIᵉ–VIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme chemin de la théosis (déification).
  • Citation : « Garder les commandements de Jésus, c’est participer à sa divinité, car ‘celui qui dit ‘Je l’aime’ et ne garde pas ses commandements est menteur’ (1 Jn 4,20). L’amour est la plénitude de la Loi. » (Ambigua ad Thalassium, 60).

Lien avec les Pères du Désert : Comme Grégoire de Nysse, il voit les commandements comme une échelle vers Dieu, mais avec une insistance sur la volonté divine comme principe unificateur.

Saint Jean Damascène (VIIᵉ–VIIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme réponse à l’amour miséricordieux de Dieu.
  • Citation : « Les commandements ne sont pas des chaînes, mais des ailes. Celui qui les garde par amour vole vers Dieu. » (De fide orthodoxa, III, 24).

Exemple concret : « Ne pas voler, c’est rendre à Dieu ce qui Lui appartient (le temps, les talents, la vie). »

Saint Bernard de Clairvaux (XIᵉ–XIIᵉ s.)
  • Thème : L’amour comme source de l’obéissance.
  • Citation : « Aimer Jésus, c’est vouloir ce qu’Il veut. Ses commandements ne sont pas des ordres, mais des expressions de son amour. » (Sermons sur le Cantique des Cantiques, 83).
  • Application : « Si tu aimes le Christ, tu garderas sa parole comme un trésor, car ‘elle est esprit et vie’ (Lc 24,46). »

B. Les grands docteurs médiévaux

Saint Thomas d’Aquin (XIIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme participation à la sagesse divine.

  • Citation (Somme théologique, IIa-IIæ, q. 104, a. 1 et IIa-IIæ q. 73 a. 2) :

    • « L’amour du prochain est le sommet des commandements, car il résume toute la Loi (Mt 22,40). Garder les commandements, c’est aimer comme Dieu aime. »

    • Dans la Somme Théologique IIa IIæ, Question 73, article 2, Saint Thomas parle de la détraction (la diffamation – “Tu ne tuera point” Exode 20:13) qui porte atteinte à la personne et peut avoir des graves conséquences, comme un meurtre psychique :
      « Nous avons dit que les péchés de langue sont à juger surtout d’après l’intention. Or la diffamation est ordonnée par définition à dénigrer la réputation d’autrui. Aussi est-il essentiellement un diffamateur, celui qui déblatère contre quelqu’un en son absence pour noircir sa réputation. Mais enlever à quelqu’un sa réputation est très grave, car la réputation est un bien plus précieux que les trésors temporels, et lorsque l’homme en est privé, il se trouve dans l’impossibilité de faire le bien. Aussi le livre de l’Ecclésiastique (41, 12) recommande : “ Prends soin de ta réputation, car c’est un bien plus sûr que mille trésors grands et précieux. ” Voilà pourquoi, essentiellement, la diffamation est un péché mortel. »

Distinction subtile :

  • Commandements de la Loi (Mosaïque) : Extérieurs (ex. : ne pas tuer).
  • Commandements du Christ : Intérieurs (ex. : ne pas haïr, Mt 5,22).

→ Mais les deux convergent dans l’amour.

Saint Bonaventure (XIIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme médiation entre Dieu et l’homme.
  • Citation (Itinéraire de l’âme à Dieu) : « Les commandements sont comme des miroirs qui reflètent la beauté de Dieu. Les garder, c’est se laisser transformer par sa grâce. »

Exemple : « Le jeûne n’est pas un commandement en soi, mais un moyen de garder le commandement ‘Tu ne tueras pas’ (en maîtrisant les passions). »

2. Renaissance et Réforme (XVIᵉ siècle)

A. Les mystiques de la Contre-Réforme

Saint Ignace de Loyola (XVIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme appel à la décision libre (dans l’Exercices spirituels).

  • Citation : « Aimer Jésus, c’est choisir de suivre ses commandements comme un acte de liberté, non par contrainte. » (Exercices, n° 196).

Méthode :

  • Examen de conscience : « Ai-je gardé les commandements par amour ou par peur ? »
  • Discernement : « Les commandements du Christ mènent à la joie ; ceux de l’ego, à la servitude. »
Saint François de Sales (XVIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme chemin de douceur.
  • Citation (Introduction à la vie dévote) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des montagnes infranchissables, mais des sentiers de lumière. Même le plus petit effort d’amour les rend accessibles. »

Exemple : « Pardonner, c’est garder le commandement ‘Tu aimeras ton prochain’, même si c’est difficile. »

B. Les réformateurs (sans entrer dans les controverses)

Martin Luther (XVIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme révélation du péché et de la grâce.

  • Citation (Grand Catéchisme) : « Les commandements montrent notre impuissance à les garder par nous-mêmes. Mais l’amour du Christ nous donne la force de les observer par la foi. »

Nuance :

  • Pour Luther, les commandements révèlent le péché, mais ne sont pas une fin en soi (contrairement à une lecture légaliste).

Lien avec les Pères : Comme Saint Augustin, il voit les commandements comme un miroir qui reflète notre besoin de grâce.

Jean Calvin (XVIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme reflet de la volonté divine.
  • Citation (Institutes, III, 6) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des conseils optionnels, mais des expressions de sa volonté parfaite. Les garder, c’est participer à sa sainteté. »

Application : « Travailler avec diligence, c’est garder le commandement ‘Tu ne voleras pas’ (en respectant le fruit de son labeur).»

3. Saints modernes et contemporains (XIXᵉ–XXIᵉ siècles)

A. Les grands mystiques

Thérèse de Lisieux (XIXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme petites choses faites par amour.
  • Citation (Histoire d’une âme) : « Je ne peux pas garder les commandements par mes propres forces, mais si je les fais par amour, le Christ les transforme en actes de sainteté. Même une action minuscule, faite pour Lui, est un commandement gardé. »

Exemple : « Servir un frère avec joie, c’est garder le commandement ‘Aime ton prochain’. »

Charles de Foucauld (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme obéissance à l’Évangile dans le désert.

  • Citation (Lettre à sa mère, 1898) : « Je veux garder les commandements de Jésus comme un moine du désert, en vivant l’Évangile au quotidien, même dans les petites choses. »

Pratique :

  • Pauvreté évangélique : « Posséder peu, c’est garder le commandement ‘Ne cherche pas les richesses’ (Lc 12,34). »
  • Silence et prière : « Parler peu, c’est garder le commandement ‘Ne prends pas le nom de Dieu en vain’ (en évitant les paroles vaines). »
Mère Teresa (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme service aux plus pauvres.
  • Citation : « Le commandement ‘Aime ton prochain’ est le plus difficile, mais aussi le plus beau. Le servir dans sa pauvreté, c’est garder l’Évangile. ».

Exemple concret : « Donner un verre d’eau à un mourant, c’est garder le commandement ‘Tu aimeras ton prochain’. » (Mt 25,40).

B. Théologiens contemporains

Hans Urs von Balthasar (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme participation à la beauté du Christ.
  • Citation (Théologie de la beauté) : « Les commandements de Jésus ne sont pas des interdits, mais des invitations à partager sa vie divine. La beauté de l’amour les rend désirables. »

Application : « La chasteté n’est pas une privation, mais une participation à la pureté du Christ. »

Père Jean-Marie Guénon (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme chemin initiatique.
  • Citation (L’Homme et son devenir selon le Védanta) : « Les commandements du Christ sont des étapes sur le chemin de la réalisation de soi, menant à l’union avec Dieu. »

Lien avec les Pères du Désert : « Comme Abba Antoine, le moine doit purifier son cœur pour voir Dieu. Les commandements sont les outils de cette purification. »

4. Pères de l’Église orientale et leurs héritiers (jusqu’à aujourd’hui)

A. Les saints du Mont Athos

Saint Nicodème de la Sainte Montagne (XVIIIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme chemin de l’hésychasme.
  • Citation (Le Chemin du salut) : « Garder les commandements, c’est se préparer à la prière du cœur (‘Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi’). »

Pratique : « La colère est un péché contre le commandement ‘Tu ne tueras pas’. La maîtriser, c’est se purifier pour la prière. »

Saint Silouane l’Athonite (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme manifestation de l’amour divin.
  • Citation (Lettres et enseignements) : « Les commandements ne sont pas des fardeaux, mais des dons de Dieu. Celui qui les garde par amour reçoit la joie du Saint-Esprit. »

Exemple : « Prier pour ses ennemis, c’est garder le commandement ‘Aime tes ennemis’ (Mt 5,44). »

B. Saints et théologiens modernes orientaux

Saint Justin Popovitch (XXᵉ s., Serbie)
  • Thème : Les commandements comme chemin de la filiation divine.
  • Citation (Sur la vie spirituelle) : « Les commandements de Jésus sont les pas d’un enfant qui marche vers son Père. Les garder, c’est grandir en Lui. »

Application : « Le jeûne n’est pas une punition, mais un moyen de garder le commandement ‘Tu ne tueras pas’ (en maîtrisant les passions). »

Père Georges Florovsky (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme réponse à la grâce.
  • Citation (La Voie de la prière) : « Les commandements ne sont pas des performances humaines, mais des fruits de la grâce de l’Esprit Saint. »

Lien avec les Pères du Désert : « Comme Abba Poemen, nous devons demander à l’Esprit Saint de nous donner la force de garder les commandements. »

5. Les grands mystiques espagnols et leur postérité

A. Thérèse d’Avila et Jean de la Croix

Thérèse d’Avila (XVIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme feu de l’amour.
  • Citation (Le Château intérieur) : « Les commandements sont comme des flammes qui purifient l’âme. Plus on les garde par amour, plus on avance dans l’union avec Dieu. »

Exemple : « La charité fraternelle est le sommet des commandements, car elle unit les âmes comme les flammes d’un même feu. »

Jean de la Croix (XVIᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme nuit obscure de l’âme.
  • Citation (La Nuit obscure) : « Garder les commandements dans la foi, même quand on ne les comprend pas, est un acte d’amour qui mène à Dieu. »

Application : « La souffrance endurée par amour est une garde des commandements, car elle purifie le cœur. »

B. Héritiers modernes

Saint Padre Pio de Pietrelcina (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme sacrement de l’amour.
  • Citation (Témoignages) : « Les commandements de Jésus sont comme des hosties : plus on les reçoit avec amour, plus on est nourri de sa grâce. »

Pratique : « Confesser ses péchés, c’est garder le commandement ‘Tu aimeras ton prochain’ (en réparant les blessures). »

Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (XXᵉ s.)
  • Thème : Les commandements comme abandon à l’amour.
  • Citation (La Vie divine dans l’âme) : « Les commandements ne sont pas des lois, mais des expressions de l’amour de Dieu. Les garder, c’est se laisser aimer par Lui. »

Exemple : « La pauvreté évangélique est un commandement gardé par l’abandon total à la Providence. »

6. Synthèse des enseignements communs (de la patristique à aujourd’hui)

Malgré les époques et les cultures, tous les saints et docteurs s’accordent sur :

Thème Patristique Moyen Âge Époque moderne Époque contemporaine
Nature des commandements Chemin de déification (Maxime, Jean Damascène) Participation à la sagesse divine (Thomas) Acte de liberté (Ignace) Participation à la beauté du Christ (Balthasar)
Source de la grâce Grâce de l’Esprit (Pères du Désert) Volonté divine (Bonaventure) Décision libre (Ignace) Abandon à l’amour (Père Marie-Eugène)
Exemple concret Lutter contre les passions (Évagre) Travailler avec diligence (Thomas) Servir les pauvres (Mère Teresa) Prier pour ses ennemis (Silouane)
Fruit de l’obéissance Théosis (déification) Joie spirituelle (Bernard) Paix intérieure (François de Sales) Union avec Dieu (Thérèse d’Avila)

 

7. Une citation résumant 2000 ans de tradition

« Les commandements de Jésus ne sont pas des murs qui enferment, mais des ailes qui élèvent. Les garder par amour, c’est voler vers Dieu. »Saint Jean Climacus (VIIᵉ s.), repris par Thérèse d’Avila (XVIᵉ s.) et Charles de Foucauld (XXᵉ s.).

8. Application pratique aujourd’hui

Comment garder les commandements de Jésus au quotidien selon cette tradition unifiée ?

  1. Par l’amour :

    • « Aime ton prochain comme toi-même » (Mt 22,39) est la clé (Thérèse de Lisieux, Jean de la Croix).
  2. Par la grâce :

    • « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5) : demander l’Esprit Saint (Pères du Désert, Hans Urs von Balthasar).
  3. Par la prière :

    • « Seigneur, donne-moi la grâce de garder tes commandements aujourd’hui » (Saint Silouane).
  4. Par l’action concrète :

    • « Les petites choses faites par amour sont des commandements gardés » (Thérèse de Lisieux, Charles de Foucauld).
  5. Par la purification du cœur :

    • « Maîtriser les passions, c’est garder les commandements » (Évagre, Saint Jean Damascène).

9. Exemple concret : le commandement « Tu ne tueras pas »

Saint Interprétation Application
Abba Dorothée Ne pas haïr, éviter la colère, pratiquer la douceur. « Si un frère me provoque, je répondrai par le silence. »
Saint Thomas Ne pas nuire à autrui, même spirituellement (ex. : médisance). « Éviter les paroles qui blessent, même en plaisantant. »
Thérèse d’Avila Ne pas tuer la charité par l’indifférence. « Aimer activement son prochain, même difficile. »
Charles de Foucauld Ne pas tuer la vie spirituelle par l’oisiveté ou les distractions. « Travailler avec diligence pour honorer Dieu. »
Saint Silouane Ne pas tuer l’âme par la colère ou le jugement. « Prier pour ceux qui me font du mal. »
Mère Teresa Ne pas tuer la dignité humaine par l’indifférence. « Servir les mourants avec tendresse. »

Conclusion : une tradition vivante

De Saint Antoine (IIIᵉ s.) à Mère Teresa (XXᵉ s.), en passant par Thérèse d’Avila, Jean de la Croix ou Charles de Foucauld, la tradition chrétienne est unanime :

« Garder les commandements de Jésus » n’est pas une liste de devoirs, mais une réponse d’amour à sa grâce.

  • Ce n’est pas une observance légaliste, mais une transformation du cœur par l’Esprit Saint.
  • Ce n’est pas une performance humaine, mais un fruit de la communion avec le Christ. Comme le disait Saint Jean Climacus« Les commandements sont comme des étoiles : plus on les suit avec amour, plus on avance vers la lumière de Dieu. »

Pour aller plus loin : une prière inspirée de cette tradition

« Seigneur Jésus, Tu as dit : ‘Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements’. Donne-moi la grâce de ne pas les voir comme des fardeaux, Mais comme des chemins d’amour vers Toi. Que ton Esprit me donne la force de les observer Non par contrainte, mais par amour, Et que chaque commandement gardé Soit un pas de plus vers Toi. Amen. »



E) Bible / versets / extraits bibliques

Relation de Christ avec la loi Mt 5:17-48 // (Ps 40:7-11; Ro 8:3, 4; Lc 24:44)

17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.18 En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé.19 Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera aux autres, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20 En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. 21 »Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens:’Tu ne commettras pas de meurtre; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’22 Mais moi je vous dis: Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement; celui qui traite son frère d’imbécile mérite d’être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d’être puni par le feu de l’enfer.23 Si donc tu présentes ton offrande vers l’autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,24 laisse ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande.25 Mets-toi rapidement d’accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice et que tu ne sois mis en prison.26 Je te le dis en vérité, tu n’en sortiras pas avant d’avoir remboursé jusqu’au dernier centime. 27 »Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras pas d’adultère.28 Mais moi je vous dis: Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur.29 Si ton œil droit te pousse à mal agir, arrache-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d’un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer.30 Et si ta main droite te pousse à mal agir, coupe-la et jette-la loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d’un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer. 31 »Il a été dit: Que celui qui renvoie sa femme lui donne une lettre de divorce.32 Mais moi, je vous dis: Celui qui renvoie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère. 33 »Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne violeras pas ton serment, mais tu accompliras ce que tu as promis au Seigneur.34 Mais moi je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu,35 ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi.36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu.37 Que votre parole soit’oui’pour oui,’non’pour non; ce qu’on y ajoute vient du mal. 38 »Vous avez appris qu’il a été dit: œil pour œil et dent pour dent.39 Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre.40 Si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau.41 Si quelqu’un te force à faire un kilomètre, fais-en deux avec lui.42 Donne à celui qui t’adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut te faire un emprunt. 43 »Vous avez appris qu’il a été dit:’Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi.’44 Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent] et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent,45 afin d’être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes.46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les collecteurs d’impôts n’agissent-ils pas de même?47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les membres des autres peuples n’agissent-ils pas de même?48 Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Mission confiée aux disciples Act 1:8 44 // (Lc 24:44)

Puis il leur dit: C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, qu’il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes.45 Alors il leur ouvrit l’esprit, afin qu’ils comprennent les Ecritures.46 Et il leur dit: Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, et qu’il ressusciterait des morts le troisième jour,47 et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem.48 Vous êtes témoins de ces choses.49 Et voici, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis; mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut.

Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire Ps 40:7

7 Tu ne désires ni sacrifice ni offrande, Tu m’as ouvert les oreilles; Tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. 8 Alors je dis: Voici, je viens Avec le rouleau du livre écrit pour moi. 9 Je veux faire ta volonté, mon Dieu! Et ta loi est au fond de mon cœur. 10 J’annonce la justice dans la grande assemblée; Voici, je ne ferme pas mes lèvres, Eternel, tu le sais! 11 Je ne retiens pas dans mon cœur ta justice, Je publie ta vérité et ton salut; Je ne cache pas ta bonté et ta fidélité Dans la grande assemblée.

La libération par l’Esprit Rom 8:1 // (Gal 3:13, 14; Ro 6:22, 23; Gal 5:16-25; Gal 6:8)

1 Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. 2 En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort.3 Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force – Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché,4 et cela afin que la justice de la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit. 5 Ceux, en effet, qui vivent selon la chair s’affectionnent aux choses de la chair, tandis que ceux qui vivent selon l’Esprit s’affectionnent aux choses de l’Esprit.6 Et l’affection de la chair, c’est la mort, tandis que l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix;7 car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu, et qu’elle ne le peut même pas.8 Or, ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu. 9 Pour vous, vous ne vivez pas selon la chair, mais selon l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous. Si quelqu’un n’a pas l’Esprit de Christ, il ne lui appartient pas.10 Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’Esprit est vie à cause de la justice.11 Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Les dons spirituels et l’amour 1 Cor 13

1 Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n’ai pas l’amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit.2 Si j’ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j’ai même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, mais que je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.3 Et si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien.
4 L’amour est patient, il est plein de bonté; l’amour n’est pas envieux; l’amour ne se vante pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,5 il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il ne soupçonne pas le mal,6 il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité;7 il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
8 L’amour ne meurt jamais. Les prophéties disparaîtront, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.9 En effet, nous connaissons partiellement et nous prophétisons partiellement,10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.11 Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu un homme, j’ai mis fin à ce qui était de l’enfant.12 Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, de manière peu claire, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais partiellement, mais alors je connaîtrai complètement, tout comme j’ai été connu.
13 Maintenant donc ces trois choses restent: la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande des trois, c’est l’amour.


F) L’Eglise Catholique sur la diffamation calomnieuse (tuer par la parole)

Exode 20:13 : Tu ne tueras point.

Saint Thomas d’Aquin sur la diffamation (détractation) : IIa IIæ (Secunda Secundae, 2ème partie de la 2ème Partie)

Question 73 : De la détraction (LA DIFFAMATION – Tu ne tuera point)

  1. Qu’est-ce que la diffamation ?
  2. Est-elle un péché mortel ?
  3. Sa gravité comparée celle des autres péchés.
  4. Est-ce un péché d’écouter la diffamation ?

Article 1 — Qu’est-ce que la diffamation ?

Objections :

1.  Il semble que la diffamation ne soit pas le dénigrement secret de la réputation d’autrui, selon la définition de certains. En effet, qu’une chose soit secrète ou manifeste, ce ne sont pas là des circonstances qui constituent l’espèce du péché ; car il est accidentel au péché d’être connu par beaucoup ou peu de gens. Or ce qui ne constitue pas l’espèce du péché n’appartient pas à son essence et ne doit pas figurer dans sa définition. La plus ou moins grande publicité des paroles prononcées n’est donc pas essentielle à la diffamation.

2.  La réputation s’entend de l’opinion publique. Donc si la diffamation est le dénigrement d’une réputation, elle ne peut se faire par des paroles secrètes, mais par des paroles dites ouvertement.

3.  Celui qui diffame (detrahit) enlève (subtrahit) ou amoindrit quelque chose. Or il peut arriver que l’on dénigre la réputation du prochain sans rien retrancher de la vérité, par exemple lorsqu’on découvre des crimes réellement commis. Donc tout dénigrement d’une réputation n’est pas de la diffamation.

En sens contraire, il est écrit au livre de l’Ecclésiaste (10, 11 Vg) : “ Le serpent mord sans faire de bruit ; celui qui diffame en secret ne fait pas autre chose. ” Donc diffamer, c’est déchirer en secret la réputation de quelqu’un.

Réponse :

De même qu’il y a deux façons de léser autrui par un acte : au grand jour, comme par la rapine ou toute espèce de violence ; en secret, comme par le vol ou par une agression sournoise ; de même on peut nuire au prochain en paroles de deux manières : en public, et c’est l’injure, nous l’avons dit ; en secret, et c’est la diffamation. Lorsque l’on tient ouvertement des propos offensants contre le prochain, on montre qu’on en fait peu de cas et on le déshonore par là même. C’est pourquoi l’injure porte atteinte à l’honneur de celui qui la subit. Mais celui qui tient ces propos dans le secret montre qu’il redoute l’autre plus qu’il ne le méprise. Il ne porte donc pas directement atteinte à son honneur, mais à sa réputation ; en ce sens que, proférant secrètement de telles paroles, il crée, autant qu’il le peut, chez ceux qui l’écoutent, une mauvaise opinion de celui qu’il dénigre. C’est bien cela, en effet, que le diffamateur semble se proposer et à quoi tendent ses efforts : que l’on croie ses paroles.

Il est donc évident que la diffamation diffère de l’outrage à un double titre. D’une part, quant à la manière de parler contre quelqu’un : ouvertement dans l’injure, à l’insu de l’intéressé dans la diffamation. D’autre part, quant à la fin visée, c’est-à-dire au préjudice que l’on provoque, celui qui outrage diminue l’honneur, le diffamateur diminue la réputation.

Solutions :

1.  Dans les échanges involontaires auxquels se ramènent tous les préjudices causés au prochain en parole ou en action, la raison de péché change selon que l’on agit en secret ou au grand jour, car la violence et l’ignorance ne réalisent pas de la même façon la raison d’involontaire, nous l’avons montré plus haut.

2.   Les paroles diffamatoires sont appelées secrètes non au sens absolu, mais par rapport à celui qu’elles visent, parce qu’on les dit en son absence et à son insu. Au contraire, les injures sont dites en face. Par suite, dire du mal de quelqu’un en son absence devant beaucoup de gens, c’est le

diffamer ; si au contraire il est seul présent, c’est l’injurier. Bien que, si l’on parle mal d’un absent à une seule personne, cela suffit pour nuire à sa réputation, au moins partiellement.

3.   On diffame non en portant atteinte à la vérité, mais à une réputation. Ce qui peut se faire directement ou indirectement. Directement de quatre façons : en attribuant à autrui ce qui n’est pas ; en exagérant ses péchés réels ; en révélant ce qui est secret ; en disant que telle bonne action a été commise avec une intention mauvaise. Indirectement, en niant le bien qu’il fait ou en multipliant méchamment les réticences et les restrictions.

Article 2 — La diffamation est-elle un péché mortel ?

Objections :

1.  Il semble que diffamer ne soit pas un péché mortel. Aucun acte de vertu, en effet, n’est un péché mortel. Or révéler un péché caché – ce qui relève de la diffamation, nous venons de le dire – est un acte de vertu : soit par charité lorsque, par exemple, on dénonce le péché d’un de ses frères afin de le corriger, soit de justice lorsqu’on porte une accusation. La diffamation n’est donc pas un péché mortel.

2.   Sur cette sentence du livre des Proverbes (24, 21 Vg) : “ N’ayez pas de rapports avec les diffamateurs ”, la Glose note : “ C’est là spécialement le péché dans lequel tombe tout le genre humain. ” Mais il n’y a aucun péché mortel qui soit répandu dans tout le genre humain, car beaucoup d’hommes vivent sans en commettre ; ce sont les péchés véniels qui sont le lot de tous les humains. Donc la diffamation est péché véniel.

3.  S. Augustin range “ parmi les menus péchés le fait de dire du mal avec une grande facilité et imprudence ”, ce qui relève de la diffamation. Celle-ci est donc péché véniel.

En sens contraire, S. Paul écrit aux Romains (1, 30) : “ Les diffamateurs sont loin de Dieu. ” Précision donnée, ajoute la Glose, “ afin qu’on ne pense point que cette faute soit légère parce qu’elle consiste en paroles ”.

Réponse :

Nous avons dit que les péchés de langue sont à juger surtout d’après l’intention. Or la diffamation est ordonnée par définition à dénigrer la réputation d’autrui. Aussi est-il essentiellement un diffamateur, celui qui déblatère contre quelqu’un en son absence pour noircir sa réputation. Mais enlever à quelqu’un sa réputation est très grave, car la réputation est un bien plus précieux que les trésors temporels, et lorsque l’homme en est privé, il se trouve dans l’impossibilité de faire le bien. Aussi le livre de l’Ecclésiastique (41, 12) recommande : “ Prends soin de ta réputation, car c’est un bien plus sûr que mille trésors grands et précieux. ” Voilà pourquoi, essentiellement, la diffamation est un péché mortel.

Il arrive cependant que l’on prononce parfois des paroles qui abaissent la réputation d’autrui, sans le vouloir, mais en voulant autre chose. Ce n’est pas alors de la diffamation à parler essentiellement et formellement, mais seulement matériellement et comme par accident. Si ces paroles portant atteinte à la réputation d’autrui sont dites pour une fin bonne ou nécessaire, en observant toutes les circonstances voulues, il n’y a pas de péché et on ne peut pas parler de diffamation. – En revanche, si l’on prononce ces paroles par légèreté ou sans nécessité, c’est un péché, mais qui n’est pas mortel, à moins que ces paroles ne soient d’un tel poids qu’elles lèsent notablement la réputation d’autrui et surtout en tout ce qui touche l’honorabilité de la vie, car alors la nature même de ces paroles constituerait un péché mortel.

Dans ce cas on est tenu à restituer la bonne réputation du prochain, – tout comme on est tenu à la restitution d’un bien volé, – en observant les règles établies précédemment.

Solutions :

1.  Ce n’est pas diffamer, on vient de le montrer, que dévoiler le péché caché de son prochain, soit par une dénonciation pour amender le coupable, soit par une accusation en justice pour sauvegarder les intérêts du bien public.

2.  La Glose ne dit pas que tous les hommes soient diffamateurs, car elle a soin d’ajouter “ presque ”. C’est dans le même sens que l’Écriture dit que “ le nombre des insensés est infini ” (Qo 1, 15 Vg),

et qu’il y en a peu qui marchent dans la voie du salut. On peut dire aussi qu’il y a bien peu d’hommes, si même il y en a, qui ne disent parfois, par légèreté d’esprit, des paroles pouvant porter légèrement atteinte à la réputation d’autrui sur un point ou sur un autre ; car, comme le remarque S. Jacques (3, 2) : “ Si quelqu’un ne pèche pas en paroles, c’est un homme parfait. ”

3.  Le cas visé par S. Augustin est celui de quelqu’un qui signale un léger mal chez son prochain, sans intention de lui nuire, mais par légèreté ou par erreur de langage.

Article 3 — Gravité de la diffamation comparée à celle des autres péchés Objections :

1.   Il semble que la diffamation soit le plus grave de tous les péchés que l’on commet envers le prochain. En effet, sur le Psaume (109, 4) : “ Au lieu de m’aimer, ils disent du mal de moi ”, la Glose note : “ Ceux qui diffament le Christ nuisent davantage à ses membres – car ils tuent les âmes de ses fidèles -, que les meurtriers de sa chair qui devait aussitôt ressusciter. ” On voit ainsi que la diffamation est un péché plus grave que l’homicide, dans la mesure même où tuer l’âme est plus grave que tuer le corps. Mais l’homicide est le plus grave des péchés contre le prochain. Donc la diffamation est absolument le plus grave de tous.

2.   La diffamation semble pire que l’injure, car si l’homme peut repousser l’injure, il ne peut repousser la diffamation qui se cache. Or l’injure paraît pire que l’adultère ; ici deux s’unissent en une seule chair, là ceux qui sont unis sont divisés. La diffamation est donc pire que l’adultère qui est l’un des péchés les plus graves que l’on puisse commettre contre le prochain.

3.  L’injure naît de la colère, la diffamation naît de l’envie, affirme S. Grégoire. Or l’envie est un plus grand péché que la colère. Donc la diffamation est pire que l’injure et nous retrouvons le raisonnement précédent.

4.  La gravité d’un péché doit se mesurer à la gravité des maux qu’il entraîne. Or la diffamation entraîne le plus grand des maux qui est l’aveuglement de l’esprit. S. Grégoire remarque en effet : “ Que font les diffamateurs, sinon souffler sur la poussière et faire sauter de la terre dans leurs yeux, de telle sorte que plus ils exhalent leurs diffamations, moins ils voient la vérité ? ” La diffamation est donc le plus grave des péchés que l’on commet contre le prochain.

En sens contraire, un péché d’action est plus grave qu’un péché de parole. Or la diffamation est un péché de parole ; l’adultère, l’homicide et le vol sont des péchés d’action. Donc la diffamation n’est pas plus grave que les autres péchés envers le prochain.

Réponse :

Les péchés commis contre le prochain s’apprécient essentiellement d’après le préjudice qu’ils portent à autrui, puisque c’est ce qui leur donne raison de faute. Et ce préjudice est d’autant plus grand qu’il détruit un plus grand bien. Or l’homme possède trois sortes de biens : le bien de l’âme, le bien du corps, les biens extérieurs. Le bien de l’âme, qui est le plus excellent, ne peut être ravi par autrui que s’il nous en donne l’occasion, par exemple par un mauvais conseil, qui ne supprime pas notre liberté. Quant au bien du corps et aux biens extérieurs on peut nous les arracher de force. Mais parce que le bien du corps l’emporte sur les biens extérieurs, les péchés par lesquels on porte atteinte au corps sont plus graves que ceux qui nuisent aux biens extérieurs. Par conséquent, de tous les péchés commis envers le prochain, le plus grave est l’homicide puisqu’il a pour effet de détruire une vie effectivement existante. Vient ensuite l’adultère qui viole l’ordre légitime de la génération humaine, par laquelle on entre dans la vie. Enfin parmi les biens extérieurs, la réputation l’emporte sur les richesses, car elle a plus d’affinité avec les biens spirituels, ce qui fait dire au livre des Proverbes (21, 1) : “ La bonne renommée vaut mieux que de grandes richesses. ” Aussi, de sa nature, la diffamation est un péché plus grave que le vol, mais moindre que l’homicide ou l’adultère. Remarquons toutefois que les circonstances aggravantes ou atténuantes peuvent changer cette classification.

Par accident, la gravité du péché s’évalue selon les dispositions du pécheur. Celui-ci sera plus coupable s’il pèche de propos délibéré, que s’il commet cette faute par faiblesse ou inadvertance.

De ce chef, les péchés de langue peuvent aisément devenir légers, lorsqu’ils proviennent d’une parole qui nous a échappé par manque de réflexion.

Solutions :

1.  Ceux qui diffament le Christ en raillant la foi de ses membres insultent sa divinité sur laquelle repose la foi. Ce n’est donc pas une simple diffamation, c’est un blasphème.

2.  L’injure est un péché plus grave que la diffamation parce qu’elle implique un plus grand mépris du prochain, de même que la rapine est pire que le vol, nous l’avons dit. toutefois l’injure n’est pas plus grave que l’adultère, dont la malice ne vient pas de l’union chamelle mais du désordre introduit dans la génération humaine. Or celui qui lance une injure n’est pas à lui seul une cause suffisante des sentiments d’inimitié qui divisent ceux qui étaient unis, il n’en fournit que l’occasion ; en ce sens que, publiant du mal sur son prochain, il lui fait perdre, pour autant que cela dépend de lui, l’amitié des autres, bien que ces paroles ne soient pas contraignantes. C’est encore ainsi que le diffamateur se rend indirectement coupable d’homicide, ses propos donnant occasion à autrui de haïr ou de mépriser telle personne. C’est pourquoi S. Clément a pu écrire : “ Les diffamateurs sont homicides ”, c’est-à-dire qu’ils en fournissent l’occasion, car selon S. Jean (1 Jn 3, 15) : “ Celui qui hait son frère est un homicide. ”

3.  Selon Aristote : “ La colère cherche à se venger ouvertement. ” C’est pourquoi la diffamation, qui est secrète, n’est pas fille de la colère, comme l’injure, mais bien plutôt de l’envie, qui s’efforce de toutes les façons de ternir la gloire du prochain. Il ne s’ensuit pas pour autant que la diffamation soit plus grave que l’injure, car un vice moindre peut engendrer un plus grand crime, comme la colère est la source des homicides et des blasphèmes. C’est en effet par l’inclination de chaque péché vers une fin, qu’on peut en discerner l’origine, donc par son attachement aux biens périssables, alors que la gravité du péché dépend plutôt de l’éloignement des biens meilleurs.

4.  Il est écrit au livre des Proverbes (15, 23) “ L’homme se complaît dans la sentence de sa bouche. ” C’est pourquoi le diffamateur aime et croit toujours davantage ce qu’il dit, et par suite il a plus de haine pour celui qu’il diffame. Ainsi s’éloigne-t-il de plus en plus de la connaissance de la vérité. Mais c’est un résultat auquel peuvent conduire les autres péchés commis en haine du prochain.

Article 4 — Est-ce un péché d’écouter la diffamation ?

Objections :

1.  Il semble que ce ne soit pas un péché grave d’écouter sans protestation des paroles diffamatoires. Personne, en effet, n’est tenu de faire pour autrui plus qu’il ne ferait pour soi-même. Or il est louable de supporter patiemment les propos de nos diffamateurs. S. Grégoire dit en effet : “ De même que nous ne devons pas, par notre activité, éveiller la langue des diffamateurs, pour ne pas les induire à pécher, de même, pour accroître nos mérites, devons-nous supporter avec patience les propos inspirés par leur malice. ” On ne pèche donc pas en ne repoussant pas la diffamation lancée contre autrui.

2.  Il est écrit au livre de l’Ecclésiastique (4, 25) : “ Ne contredis jamais une parole véridique. ” Mais les diffamateurs disent parfois la vérité. On n’est donc pas toujours tenu de les désapprouver.

3.  Personne ne doit mettre obstacle à une œuvre utile au prochain. Or la diffamation tourne souvent à l’avantage de ceux qui en sont l’objet, comme le remarque le pape Pie Ier : “ Lorsque la diffamation s’attaque aux honnêtes gens, il arrive parfois qu’elle ait pour effet d’humilier ceux que les flatteries de leur famille ou la faveur du public avaient exaltés. ” On ne doit donc pas s’opposer à la diffamation.

En sens contraire, S. Jérôme prescrit “ Veille à ce que ta langue ou tes oreilles ne te démangent, je veux dire que tu ne diffames personne, ou que tu n’écoutes pas les autres quand ils diffament. ”

Réponse :

S. Paul écrit (Rm 1, 32) : “ Sont dignes de mort, non seulement ceux qui commettent le péché, mais aussi ceux qui les approuvent. ” Cette approbation peut se donner de deux manières. D’abord directement, quand on induit le prochain à pécher ou qu’on prend plaisir à ce péché. Puis indirectement, quand on ne s’y oppose pas alors qu’on pourrait le faire, et cette abstention ne vient

pas toujours d’une complaisance dans le péché, mais d’une sorte de respect humain. On doit donc penser que si quelqu’un écoute des propos diffamatoires sans les désapprouver, il y consent et participe par là même au péché. Mais s’il provoque la diffamation ou seulement s’y complaît par haine de celui qui en est l’objet, il ne pèche pas moins que le diffamateur et parfois même davantage. C’est l’enseignement de S. Bernard : “ Il n’est pas facile de décider quel est le plus coupable, du diffamateur ou de celui qui l’écoute. ” – Mais si le témoin ne prend pas plaisir à ce péché et qu’il s’abstienne par crainte, négligence ou même par timidité, de désapprouver le diffamateur, il pèche sans doute, mais beaucoup moins gravement que le diffamateur, et le plus souvent ne commet qu’un péché véniel. Parfois aussi, cela peut être un péché mortel, lorsque la charge que l’on occupe fait un devoir de corriger le diffamateur, ou encore lorsqu’on sait qu’un péril s’ensuivra, ou enfin à cause du motif, car le respect humain, comme nous l’avons déjà dito, peut être parfois péché mortel.

Solutions :

1.  Personne n’entend la diffamation dont il est l’objet, car dire du mal de quelqu’un en sa présence n’est pas à proprement parler une diffamation, mais une injure, nous l’avons dit. Les propos diffamatoires peuvent toutefois être portés par les on dit, à la connaissance de l’intéressé. Alors celui-ci est libre de souffrir cette atteinte à sa réputation, à moins que cela risque d’atteindre les autres, nous l’avons dit. C’est pourquoi il est légitime de faire l’éloge de la patience chez celui qui supporte la diffamation. Mais on n’est pas libre de laisser attaquer ainsi la réputation d’autrui. Aussi cela devient une faute de ne pas la défendre, lorsqu’on le peut, pour la même raison qui nous oblige de “ relever l’âne de notre prochain lorsqu’il succombe sous la charge ” (Dt 22, 4).

2.  Ce n’est pas toujours le bon moyen de protester que de taxer le diffamateur de mensonge, surtout si l’on sait que ce qu’il dit est vrai. Mais il faut le reprendre en lui montrant qu’il pèche en offensant son prochain, ou du moins lui faire sentir, en gardant un visage sévère, que l’on ne prend pas plaisir à ses diffamations. Ainsi disent les Proverbes (25, 23 Vg) : “ Le vent du nord chasse la pluie ; et le visage attriste les propos diffamateurs. ”

Le profit qui peut résulter d’une diffamation ne vient pas de l’intention du diffamateur, mais de l’ordre divin, qui peut toujours tirer le bien du mal. Il n’en faut pas moins résister aux diffamateurs, absolument comme on s’oppose aux ravisseurs et à ceux qui oppriment les autres, malgré le mérite que peuvent acquérir par leur patience les opprimés et les spoliés.

Le Droit Canonique de l’Eglise Catholique

L’article 1390 §2 du Code de droit canonique de l’Église catholique concernant les calomnies dans les procès :

“Quiconque accuse injustement un autre d’un délit devant une autorité ecclésiastique compétente encourt une excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique, à moins que la calomnie n’ait été promptement rétractée.”

Cet article stipule que quiconque accuse faussement une personne d’un délit devant une autorité ecclésiastique compétente encourt automatiquement une excommunication réservée au Saint-Siège, à moins que cette calomnie n’ait été rapidement rétractée.

https://www.vatican.va/archive/cod-iuris-canonici/cic_index_fr.html

https://www.droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-1390-cic-1983-1390

L’Église catholique prévoit plusieurs mesures dans des situations de diffamation calomnieuse et publique de la part d’un prêtre envers un laïc, comme décrit dans le canon 1390 §2 du Code de droit canonique :
1. Excommunication latae sententiae :
Comme mentionné précédemment, le prêtre qui se rend coupable de cette faute encourt automatiquement une excommunication. Cela signifie qu’il est privé de certains droits et devoirs ecclésiastiques, jusqu’à ce qu’il ait réparé le dommage causé.

2. Obligation de réparation :
Le prêtre a l’obligation de réparer le dommage causé par sa diffamation calomnieuse et publique. Cela peut inclure des excuses publiques, le retrait de ses allégations, et une indemnisation du préjudice subi par la victime.

3. Procédure canonique :
L’Église peut ouvrir une procédure canonique à l’encontre du prêtre afin d’établir les faits, de déterminer sa responsabilité et d’imposer les sanctions appropriées, allant jusqu’à la possibilité d’une déposition du ministère sacerdotal.

4. Accompagnement pastoral :
Parallèlement, l’Église peut également mettre en place un accompagnement pastoral pour aider le prêtre à reconnaître sa faute, à se repentir et à se réconcilier avec la victime et la communauté ecclésiale.

L’objectif est de restaurer la justice et la vérité, tout en offrant une possibilité de rédemption et de réintégration pour le prêtre, s’il fait preuve d’un véritable repentir.

Le droit canonique implique un « devoir d’alerte » de tous les fidèles

Canon 212. § 3. « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, (les fidèles) ont le droit et même parfois le devoir de donner aux pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. »

Canon 220. « Il n’est permis à personne de porter atteinte d’une manière illégitime à la bonne réputation d’autrui, ni de violer le droit de quiconque à préserver son intimité. » [Ainsi que le relève le commentaire du Code Wilson et Lafleur], « le canon dit “d’une manière illégitime” (“illégitime”), car, lorsque le bien supérieur des personnes, de la société et de l’Église est en jeu, il est licite en droit et en morale de découvrir des défauts, des péchés ou des délits des personnes – en portant atteinte à leur bonne réputation, au moins dans un certain domaine. Il est également licite d’engager des actions pénales (…) même si l’action pénale comporte la publicité. À ce droit s’opposent la calomnie, la dénonciation, l’injure, la médisance, les racontars, etc. »

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC)

1853 On peut distinguer les péchés selon leur objet, comme pour tout acte humain, ou selon les vertus auxquelles ils s’opposent, par excès ou par défaut, ou selon les commandements qu’ils contrarient. On peut les ranger aussi selon qu’ils concernent Dieu, le prochain ou soi-même ; on peut les diviser en péchés spirituels et charnels, ou encore en péchés en pensée, en parole, par action ou par omission. La racine du péché est dans le cœur de l’homme, dans sa libre volonté, selon l’enseignement du Seigneur : ” Du cœur en effet procèdent mauvais desseins, meurtres, adultères, débauches, vols, faux témoignages, diffamations. Voilà les choses qui rendent l’homme impur ” (Mt 15, 19). Dans le cœur réside aussi la charité, principe des œuvres bonnes et pures, que blesse le péché.

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